• Le 烧酒 Soju, on ne m'y reprendra plus!

    Quand on s'inscrit à l'Inalco en Chinois, on se croit bien tranquille, entouré de sinisants venus là pour s'imprégner de la philosophie de Zhuang Zi 莊子 ou du coup de pinceau de Gu Kaizhi 顾恺之. Et puis on s'aperçoit que telle étudie aussi l'arabe, tel autre le japonais, telle le tagalog et Raph, le coréen. Vous me direz, et alors, ça les regarde! Sauf que parfois, il y a collision des cultures, et ça fait mal à la tête.

    Par exemple l'autre soir, j'avais quelques invités informels . Les termes de l'invitation laissaient une grande liberté à chacun.e.  "Si tu veux , tu peux apporter du manger, du boire et un ou deux ami.e.s" : voilà ce que j'avais dit à chacun.

    Et donc Raph est arrivé avec de bien jolies briquettes de 20 cl, qui évoquaient irrésistiblement les briques de lait chocolaté ou lait fraise dont les enfants se régalent à l'heure du goûter. Avec son enthousiasme comunicatif, il nous a vanté ce Soju, un alcool coréen populaire in-dis-pen-sa-ble à toute réunion amicale.

    Le Soju, on ne m'y reprendra plus!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'est vrai qu'elle fait envie cette petite brique couleur crème, le personnage a l'air serein,  les tiges de bambou derrière lui évoquent la douceur de la nature. Comme tout est écrit en coréen, on se fie seulement au visuel pour faire confiance au produit.

    Le Soju, on ne m'y reprendra plus!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Encore plus fort, l'autre face de la brique montre un personnage féminin : ce coup-ci, on a l'impression que c'est carrément un breuvage pour femme enceinte. Allez on se lance! C'est un alcool blanc à 20°, doux, pas très aromatique, on vide volontiers ses deux verres en fin de repas et l'ambiance de la soirée est joyeuse, tout va bien, vive la Corée!

    Le lendemain en traversant la place de la Bastille à vélo, j'avais l'impression que mon casque me serrait davantage que d'habitude ; en arrivant en cours, je me suis demandée pourquoi l'éclairage avait été renforcé dans la salle ; et pourquoi tout le monde parlait si fort. Puis Jus est arrivée, elle n'avait pas pu venir la veille, elle m'a regardée, a pouffé de rire et remarqué narquoisement  "c'était bien hier soir!?!". Je me suis rappelée qu'elle étudiait le coréen elle aussi, j'ai mentionné le Soju : "Quoi? Raph vous a apporté son infâme mixture en briquettes? mais faut pas boire ça, c'est l'alcool de plus mauvaise qualité de toute la Corée!!! C'est même pas du riz, ils distillent n'importe quoi pour faire ça!!" Bon, j'étais contente qu'elle m'explique, mais j'ai regretté qu'elle crie son indignation, ouch, aïe.

    Le surlendemain, ma fille a regardé les photos de la soirée, notamment celles où on s'est tous déguisés en Garde Rouge et où on brandit le petit livre rouge, complètement hilares. Elle a sobrement commenté : "c'était après l'alcool coréen que vous avez fait ces photos, non?"

    L'alcool c'est mal. Désormais, je m'en tiendrai au vin et à la bière. Promis.

     

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